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Les événements en Egypte...au Caire
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SamarRaqs



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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 12:43 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=B46659740110910

je viens de lire sur internet , je reste sans voix Sad


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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 12:43 (2011)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
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IloveCairo



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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 14:32 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

De même !

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Yalabinette
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MessagePosté le: Sam 10 Sep - 19:03 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

Tahrir, la rentrée
10 septembre 2011
par snony

Cela faisait plus d’un mois que la place Tahrir était tenue par des bataillons de la « Sûreté Centrale » ou de la police militaire (voir reportage de Josiane en ligne). Les forces de l’ordre avaient chassé début août les insurgés qui tenaient là une agora permanente avec campements et rassemblements quotidiens tout au long du mois de juillet. Depuis, Ramadan aidant, la révolution semblait avoir appuyé sur le bouton pause… Mais hier, une trentaine d’organisations appelaient à un rassemblement « pour remettre la révolution sur la bonne voie » et, dès jeudi soir, les forces de l’ordre ont abandonné la place aux premiers manifestants.

Vers 11h du matin, celle-ci commence à se remplir et la journée promet d’être chaude : les reporters règlent leur caméra, les chalands empilent les cartons d’eau, les marchands de T-shirt sortent la collection d’automne, et les militants des différents partis et mouvements se postent aux entrées de la place pour distribuer leurs tracts ou accrocher leurs pancartes.

Un jeune homme donne une interview à la presse, où il est abondamment question de la poursuite des atteintes aux libertés d’expression, des tribunaux militaires qui viennent de condamner à nouveau un blogger à trois ans d’enfermement, de la mascarade du procès Moubarak où les témoins supposés « à charge » prennent de fait la défense du raïs déchu. Il est aussi question d’Israël et de l’insolence avec laquelle ses représentants ont refusé de présenter des excuses à l’Égypte, après les incidents à la frontière qui ont coûté la vie de 5 soldats. Mais on ne peut pas dire que cette dernière question (qui est à l’origine des incidents en fin de soirée, devant l’ambassade d’Israël) était au cœur des revendications de la journée : elle était même particulièrement absente.

Ce qui mobilisait les jeunes ce sont surtout les atteintes à la liberté. Ceux sur la photo ci-contre arrivent vers 15h, en cortège, de la rue Talaat Harb avec une banderole « Non aux tribunaux militaires ».

D’autres cortèges se formeront durant l’après midi pour défiler dans les rues avoisinantes en criant « liberté » ou « à bas le pouvoir militaire ».

Rue Mohamed Bassiouny, un gros groupe (ci-dessous) dont certains membres portent le drapeau rouge du jeune Parti de l’Alliance Populaire et Socialiste (hezb al-tahâluf al-sha’abî al-ishtirâkî) défile autour d’un camion porteur d’une énorme sono, suivi d’un groupe électrogène de chantier, les deux reliés par le câble électrique dont un manifestant ajuste la longueur en fonction de la distance qui sépare les deux véhicules (sécurité made in Egypt).

Sur la place qui s’est sérieusement remplie vers 14h, les distributions vont bon train, et les papiers sont souvent lus avec attention. Le parti socialiste distribue un tract ayant pour titre « la révolution est en danger, mettez-vous en mouvement pour la sauver ». Le texte rappelle en conclusion les revendications de la révolution qui ne sont pas satisfaites « le pain, la liberté et la justice sociale ». Le papier distribué par le parti communiste a la même tonalité mais il détaille les problèmes : « loi criminalisant les rassemblements, pratiques des polices civile et militaire, hausse des prix, hausse du chômage, refus du salaire minimum à 1200 L.E., soutien permanent au capitalisme au détriment du peuple de la pauvreté grandissante ». Suit une diatribe contre le Conseil Suprême des Forces Armées dont les membres sont les « fils de Moubarak », une accusation que l’on retrouve sur ce calicot qui trône au milieu de la place (« Yalla égyptien, sors de ta maison, Tantawi c’est Mubarak »). La photo du général est entourée de celle des journalistes, éditeurs, directeurs de revue, rédacteurs en chef qui sont, ou ont été, derrière les barreaux.

Le tract du parti des travailleurs démocratiques a pour titre : « À bas le pouvoir militaire » et réclame l’arrêt immédiat des jugements de civils devant les tribunaux militaires, l’abolition de la loi criminalisant les grèves et les rassemblements, l’établissement d’un Smig à 1500 L.E. et la modification de la loi électorale.

Le parti de la « renaissance égyptienne » qui est un des partis dissidents (il y en aurait 5 ou 6 à ce jour) de la Confrérie des Frères Musulmans affirme lui aussi : « La révolution est en danger et notre avenir est en danger ». Il énumère une liste de questions ingénues : pourquoi les prix augmentent-ils ? Pourquoi les citoyens se sentent-ils en insécurité ? Pourquoi n’a-t-on pas exclu tous les hommes de l’ancien régime ? Il s’interroge aussi sur l’indépendance des juges, celle d’al-Azhar dont le cheikh est vivement mis en cause pour sa participation à l’ancien régime. Les Frères Musulmans quant à eux n’avaient pas appelé à cette manifestation mais un tract anonyme format A3, écrit en corps 8, parsemé de versets du Coran, est distribué du côté du pont aux lions.

L’autre problématique omniprésente sur la place est celle des martyrs de la révolution, de l’indemnisation des blessés au « devoir de mémoire », si l’on peut dire, que cela entraîne. C’est à ce titre que les « Ultras » (prononcer oultrass) se sont invités, suite aux incidents qui ont émaillé un match de foot mercredi dernier. Des combats ont opposé non pas des supporters entre eux mais les supporters des deux équipes contre les policiers de la Sûreté Centrale (amn al-markazî ex Sûreté Nationale). Le bilan selon le « Masry al-Yaoum » de jeudi qui rapporte les chiffres officiels, serait de 130 blessés dont 94 parmi les rangs des forces de l’ordre (ne souriez pas). La cause des affrontements est très confuse mais dès le lendemain, les supporters de l’équipe Ahaly (les « Ultras ») ont appelé à se joindre à la manifestation de ce vendredi. Leur banderole immense, traverse la partie centrale de la place et rappelle que ces supporters musclés ont participé au plus fort des combats de janvier et février derniers (voir post ici en anglais) « Nous avons libéré notre pays des criminels et les Ultras ont contribué au prix de la liberté ».

On le voit, les préoccupations de tous ces manifestants n’étaient pas vraiment la situation internationale, ce que me rappelle un ami égyptien hier soir au téléphone : « On n’a pas fait la révolution pour les problèmes avec Israël ou pour libérer la Palestine. Même si bien sûr, on condamne ce que fait Israël, ce n’est pas pour ça que 850 jeunes sont morts pendant la révolution ! ». L’opération de destruction, hier soir, d’un mur ô combien symbolique par d’autres manifestants ne manquera pas d’avoir un immense succès dans le monde arabe, meurtri depuis des décennies par l’impunité dont jouit l’état hébreux.

Elle apparaît pourtant, au moins à certains révolutionnaires, comme un rapt. De fait, la presse mondiale ce matin évoque à peine la manifestation d’hier dont le succès n’était pourtant pas garanti. Le gouvernement israélien ayant en ce moment autant intérêt que le gouvernement égyptien à détourner l’attention de son peuple des problèmes intérieurs, cette « chute de mur » risque de provoquer une tempête diplomatique et médiatique bien au-delà de l’incident de départ. D’où la question (à laquelle je n’ai pas de réponse) : qui étaient les manifestants de Dokki ?  


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IloveCairo



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MessagePosté le: Dim 11 Sep - 12:41 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

Excellent papier... Merci Yalabinette et effectivement qui étaient les manifestants à l'Ambassade ?

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Yalabinette
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MessagePosté le: Dim 11 Sep - 13:57 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

heureusement qu'il y a des gens sur place, capables de raconter les faits tels qu'ils se sont passés contrairement aux journalistes qui mettent l'accent seulement sur le "sensationnel"; j'ai regardé france 24 et on ne parlait que de l'ambassade d’Israël comme si rien ne s'était passé ailleurs et comme si la seule préoccupation des égyptiens était Israêl. On est sans cesse manipulé, c'est agacant à la fin !
Ceci dit, il faut bien reconnaître que le mot Israël leur fait hérisser le poil et que le sujet est très très sensible par ici. Je ne serais pas étonnée d'apprendre un jour que cette manif devant l'ambassade a été commanditée par le pouvoir, question de détourner de leurs revendications, le peuple égyptien. Ils sont encore et toujours capables de tout, même du pire.


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IloveCairo



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MessagePosté le: Mar 13 Sep - 21:30 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

http://www.lefigaro.fr/international/2011/09/11/01003-20110911ARTFIG00234-l…

ça n'a pas l'air d'aller dans le bon sens...
Mais j'ai cru entendre qu'ils faisaient marche arrière sur les visas ???


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Yalabinette
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MessagePosté le: Mar 13 Sep - 22:36 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

oui en effet, ils n'appliqueront pas (encore) ce procédé sur les visas. je commence à m'inquiéter sérieusement car le gouvernement et l'armée bien sur reprennent leurs mauvaises habitudes. ils repartent à la chasse aux bloggers trop virulents et ont décidé ce matin d'empêcher la chaine "el gezira" de diffuser en égypte.je pense que cette chaine puissante dans le monde arabe n'en restera pas là. la liberté d'expression est loin d'être acquise et voilà pourquoi ils laissent trainer les choses; le peuple perd espoir et si il ne fait pas péter un autre grand coup, on peut craindre le pire pour eux. tout redeviendra comme avant et leur révolution n'aura servi à rien sauf à se débarrasser des moubarak! Sad

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Soltana



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MessagePosté le: Mar 20 Sep - 14:17 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

Yalabinette a écrit:

oui en effet, ils n'appliqueront pas (encore) ce procédé sur les visas. je commence à m'inquiéter sérieusement car le gouvernement et l'armée bien sur reprennent leurs mauvaises habitudes. ils repartent à la chasse aux bloggers trop virulents et ont décidé ce matin d'empêcher la chaine "el gezira" de diffuser en égypte.je pense que cette chaine puissante dans le monde arabe n'en restera pas là. la liberté d'expression est loin d'être acquise et voilà pourquoi ils laissent trainer les choses; le peuple perd espoir et si il ne fait pas péter un autre grand coup, on peut craindre le pire pour eux. tout redeviendra comme avant et leur révolution n'aura servi à rien sauf à se débarrasser des moubarak! Sad
c'est l'avid de beaucoup dans le monde arabe, certains étaient vraiment attachés a ces regimes, et ont peur que leurs pays soit le resultat d'un "neo colonialisme" en douce, je parlais avec deux egyptiens (en vacances et bien sur je precise ce n'est pas l'avis de tous) et ils me disaient que c'était une mascarade, qu'ils auraient preferes 1 million de fois continuer avec l'ere moubarak que de voir des etrangers prendre le controle de leurs pays (bien sur via la manne financiere et les pays occidentaux qui s'injecteraient etcccc).

Enfin bon souhaitons leur le meilleur ...
_________________
Si tu ne peux etre une etoile au firmament, soit une lampe chez toi


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Yalabinette
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MessagePosté le: Mer 21 Sep - 14:10 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

Malheureusement, tous ne comprennent pas ce qui arrive et la plupart n'ont aucune culture politique d'une part; d'autre part, les égyptiens ont d'énormes difficultés pour ne pas dire l'incapacité de se projeter vers l'avenir, c'est culturel chez eux. Ces deux éléments d'une grande importance à mes yeux, font qu'ils sont extrêmement vulnérables, que l'on peut leur faire croire n'importe quoi, les manipuler avec aisance (la manipulation politique en occident n'est pas mal non plus d'ailleurs)comme par exemple leur dire que ce sont des étrangers qui risque de prendre le contrôle de leur pays. Moubarak se présentait comme leur père, leur sauveur, leur protecteur et comme ça ils n'avaient pas besoin de penser. Pour l'instant, c'est un grand vide qui s'offre à eux ! Une première date a été annoncée pour les élections législatives : 21 novembre. voilà qui va rassurer les plus inquiets inchallah !

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Yalabinette
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MessagePosté le: Sam 15 Oct - 19:40 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

conflits interconfessionnels ?
13 octobre 2011

tags: coptes, Maspéro, salafistes
par snony

Les récents événements en Égypte sont à la fois consternants et inquiétants. Deux sentiments palpables parmi la population qui « encaisse » ce nouveau coup porté à l’espoir qu’avait soulevé la révolution de construire un pays plus juste. Le traitement médiatique et politique de ce que certains refusent d’appeler « événements » ajoute à la colère des égyptiens les plus engagés dans le processus issu du 25 janvier. Mais il provoque aussi résignation et peur pour la grande majorité de leurs concitoyens.
La manifestation qui est partie de Shubra dimanche 9 vers 16h était une manifestation pacifique qui rassemblait des chrétiens mais aussi quelques musulmans, protestants contre les récents événements qui, en Haute-Egypte (Asswan, Edfu…) avaient conduit à des agressions sectaires contre des chrétiens voire à l’incendie d’une église. Les jeunes de la « coalition Maspéro » pointaient du doigt l’étrange laisser-faire de l’armée dont le Conseil Suprême a certes plusieurs fois promis des reconstruction d’églises mais dont les officiers assistent souvent impassibles aux exactions et aux provocations d’extrémistes musulmans. Voilà pourquoi les jeunes coptes revenaient sur ce lieu qu’ils avaient investi au printemps dernier, à la suite de l’attaque de l’église d’Imbaba, et où ils avaient fondé leur organisation (voir précédent post).


image des combats trouvée sur le net

Mais ce ne sont pas des contre-manifestants salafistes qu’ont rencontrés les coptes dimanche soir. Ce sont des policiers en tenue, des militaires et des policiers en civil (en tout cas c’est ainsi que certains se présentaient), qui côtoyaient ce qu’il est convenu d’appeler ici des baltaguiyas (des hommes de main) dans des petits groupes de « manifestants anti-chrétiens ». Plusieurs témoignages dans la presse, à la radio, et sur les réseaux sociaux, montrent que les liens entre les officiers de l’armée présents et ces « manifestants spontanés » sont assez troublants.
Les autopsies des corps des 25 victimes connues à ce jour ont montré des marques d’une violence inouïe, des véhicules blindés ayant été utilisés pour écraser certaines victimes, et des passages à tabac collectifs ayant été menés sur les autres. Le niveau de violence qui régnait dans les environs, entre le bâtiment de la télévision nationale (Maspéro) et la place Abd el-Monim Reyad (au niveau du musée) apparaît dans le témoignage de Hani Bishra en ligne sur Facebook.

Le mot selmiya (pacifique) est orné d'une cible

En partant du musée et en se dirigeant vers Maspéro, celui-ci s’est retrouvé face à des jets de pierre qui provenaient d’un groupe de soldats et de civils situés devant l’hotel Ramses Hilton. En revenant en arrière il est arrêté par une personne qui, après lui avoir fait avouer sa confession, a appelé d’autres « civils » à la rescousse en se vantant d’avoir choppé chrétien. Une trentaine de ces civils a fini par l’entourer, certains le frappant à la tête, alors qu’il se débattait pour réclamer le téléphone qu’on lui avait pris, et pour retourner vers le cordon de police qu’il venait de franchir. Bousculé, traité de « chien de chrétien » (kalb nossrani), il a fini par atteindre un officier à qui il a demandé protection en montrant son passeport américain. L’homme en civil qui l’avait interpellé s’est avéré être un policier dont Hani a pu étudier la mission pendant le couple d’heures qu’il a passé, bloqué derrière un rang de la Sécurité Centrale (amn al-markasi). Son rôle était de coordonner les différents groupes de « manifestants spontanés », qu’il invitait à s’engager dans les rues aux alentours, chantant « Chrétiens, où êtes-vous. L’islam est là ! ». Sous la protection de deux jeunes policiers plus avenants, il a pu observer un hall d’immeuble où quatre corps baignaient dans leur sang et apprendre que ceux-ci avaient été tués par l’armée mais que les corps étaient en trop mauvais état pour être transportés. Il a aussi pu entendre l’ordre donné aux policiers d’utiliser les balles réelles.
De nombreux autres témoignages pointent la responsabilité directe de l’armée et de la police dans ces massacres comme celui de cet avocat, en anglais dans le Masry al-Youm, ou sur les différents sites (par exemple n4hr.com ou yamazaj, ou encore le reportage de BBC News). Les informations qu’ils contiennent sont connues au plus haut niveau puisque c’est le motif à peine voilé de la démission du ministre (copte) des finances, Hazem al-Biblawy, démission qui lui a été refusée sans que l’on sache bien ce qu’un tel refus entraîne.
La version officielle des « événements » a d’abord été celle que les medias gouvernementaux ont tissé tout au long de la soirée du 9 : « les coptes ont attaqué l’armée devant Maspéro, il y a déjà 4 morts parmi les soldats ». Ces informations n’ont pas manqué d’attiser les haines et de provoquer des participations volontaires aux

Non aux tribunaux militaires pour les civils

regroupements « anti-chrétiens » de la soirée. Les TV privées ont, quant à elles, reçu une visite opportune de l’armée leur interdisant de traiter l’affaire, ce qui montre au passage que ce qui s’est passé ne relève pas d’un « dérapage des forces de l’ordre » mais bien d’une organisation préméditée.
Le scénario est en de nombreux points ressemblant à celui de l’attaque contre l’ambassade d’Israël début septembre (voir précédent post), à celui du quartier Abbasseya cet été. Voilà pourquoi le traitement de ces événements est particulièrement important. Laisser entendre, comme l’ont fait quelques media étrangers, que l’attaque de l’ambassade d’Israël était une manifestation spontanée de la haine des égyptiens envers ce pays c’est passer sous silence les hordes de voyous à la solde de l’ancien régime qui avaient été commanditées pour cette opération : le reportage de France2 sur cette attaque par exemple, montrait nettement l’inaction de l’armée et de la police pendant la destruction du mur de protection de cette annexe de l’ambassade.
De même laisser entendre que les événements de Maspéro se résument à des combats chrétiens/salafistes comme le suggère le reportage de France Inter de mardi dernier (en ligne ici), ou le papier dans l’Humanité du même jour (en ligne là) trahit un regard particulier sur les évolutions des sociétés arabes, lues en permanence à travers le prisme de la peur de l’islam radical. Alors que de nombreuses analyses produites depuis le surgissement des « révolutions arabes » ont pointé l’aveuglement qui a amené les diplomaties occidentales à soutenir si longtemps les dictatures en place, pour « éviter la prise de pouvoir du fondamentalisme religieux », on continue à produire des analyses qui confortent les contre-révolutions actuelles et les reprises en main autoritaires.

Manifestation devant la cour suprême de justice le 4/10/11: "Les aiguilles de la montre ne reviennent pas en arrière. Il faut purger (l'ancien régime) de suite.

Il ne s’agit pas de nier que le fondamentalisme islamique est un danger. Il suffit de se promener dans les rues du Caire pour s’en rendre compte. Il s’agit d’être lucide sur la manière dont l’existence de ce mouvement est en permanence instrumentalisée pour mater le peuple et réprimer ses aspirations à davantage de liberté. C’était le cas avant la révolution puisque le procès en cours de l’ex-ministre de l’intérieur Adly a largement montré sa responsabilité dans la pseudo « ‘attaque d’al-Qaïda » de l’église d’Alexandrie l’an dernier. C’est le cas aujourd’hui encore. La recette est toujours la même.
Que les media égyptiens (et encore pas tous) évitent les attaques frontales avec un pouvoir qui traduit devant des tribunaux spéciaux bloggueurs et journalistes, cela peut se comprendre. On comprend du même coup pourquoi la version officielle des événements est admise aujourd’hui par tant d’égyptiens. Mais les jeunes de la révolution ne l’entendent pas de cette oreille. L’image, un brin naïve, de l’armée qu’ils s’étaient forgée depuis le 25 janvier est sérieusement entamée (c’est un euphémisme). Sur les réseaux sociaux circule le mot d’ordre :
قل « مذبحة ماسبيرو » و لا تقل « أحداث ماسبيرو » (Dis : « le carnage de Maspéro » ; ne dis pas « les événements de Maspéro »). Malgré tous les risques qu’ils encourent, de nombreux activistes dénoncent publiquement le rôle qu’a joué l’armée dans ce carnage (voir la page Facebook en arabe du syndicat indépendant des enseignants).
Dans sa conférence de presse du 12/10, l’armée a présenté ses excuses, tout en affirmant qu’elle n’était pas responsable des incidents. Elle a maintenu la version selon laquelle de jeunes coptes ont commencé à lancer des pierres sur les militaires vers 18h30, ce qui est possible et confirmé par quelques témoignages. Cela ne justifie bien évidemment pas d’écraser cinq jeunes à l’aide d’un véhicule blindé ou de tirer sur les autres à balle réelle mais l’armée affirme que ce n’était pas intentionnel. Elle a cependant ordonné la formation d’une commission d’enquête (voir en anglais le récit du quotidien pro-gouvernemental al-Ahram, et l’analyse plus engagée sur Egyptian Chronicles.
Suffira-t-il de crier d’une seule voix « chrétiens, musulmans une seule main » dans les prochains rassemblements pour reconstruire une unité nationale ? Cela semble bien dérisoire compte-tenu du malaise actuel. Et on voit mal comment cette nation pourra poursuivre sa reconstruction démocratique s’il se vérifie que ceux qui en ont la charge provisoire sont prêts au pire pour conserver le pouvoir.
PS : les graffitis qui illustrent cet article ont fleuri sur les murs du centre ville depuis plusieurs semaines déjà.


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pioquette



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MessagePosté le: Dim 16 Oct - 11:53 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

C'est bien triste et pas rassurant tout ça.

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IloveCairo



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MessagePosté le: Dim 16 Oct - 12:18 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

Tous les égyptiens sont égaux ... mais les militaires le sont un peu plus !!!!!

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Yalabinette
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MessagePosté le: Dim 6 Nov - 10:51 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

La démocratie, c’est imprévisible.
4 novembre 2011

tags: élections égyptiennes
par snony

Alors que l’actualité égyptienne semble reproduire toujours la même fatalité : arrestation de blogueurs (voir le blog Egypte-Solidarité) , torture, répression, d’autres mouvements de fond travaillent la réalité : de nombreuses luttes sociales, et aussi la perspective des premières élections législatives libres, qui mobilise  la société. Toute  la société ? Peut-être pas encore, car on ne sort pas indemne de trente années de dictature, et nombreux sont les égyptiens qui avouent ne plus rien comprendre à ce qui se passe.
C’est sans doute ce qui a motivé le réseau Arabic Network for Human Rights à mettre en ligne un « électionnaire », sorte de dictionnaire
des élections à venir : الإنتخابات البرلمانية المصرية ٢٠١١ en arabe ici/Egyptian Parliamentary Elections 2011 en anglais là. C’est un outil particulièrement utile pour éclairer la lanterne des millions d’égyptiens qui vont bientôt devoir se rendre aux urnes. Même si l’usage d’internet n’est pas plus démocratisé ici qu’ailleurs, on a vu pendant la révolution à quel point la mutualisation dans les familles et les quartiers des informations « en ligne » fonctionnait. Animé d’une démarche citoyenne, le site propose au visiteur de commencer par s’interroger sur les choix nécessaires à son pays en répondant à 29 questions-clefs du débat politique actuel. Chacun peut ensuite comparer ses réponses personnelles à celles qu’en font les partis politiques recensés. Il peut aussi aller lire la fiche de présentation de chaque parti où il trouvera le site web, les principales orientations, les noms des responsables…
Imaginez qu’en Europe, nous ayons un site qui interroge les citoyens : « Doit-on laisser les marché financiers décider des politiques européennes ? », en leur proposant une liste des propositions des différents partis sur la question. Ce serait un dangereux bazar (pour les marchés financiers bien sûr) ! Les égyptiens eux, prennent ce risque.
La liste des organisations que fournit le site n’est surement pas exhaustive. Il faut dire que depuis la parution de la loi autorisant la création de nouveaux partis, en mars dernier, de nombreux dossiers ont été déposés et sont encore au stade tahat ta’assiss (en cours de fondation). Cette loi a révisé les conditions de création qu’imposait celle de 1977 (époque de Sadate) et notamment le contrôle par une commission ad hoc de « l’originalité de la doctrine du parti ». Cette commission qui n’était plus ces dernières années qu’une simple émanation du PND (l’ancien parti présidentiel, aujourd’hui dissous) ne se privait pas d’exercer une censure totale. Maintenant cette clause n’a plus cours et la commission est composée de juges. Elle exige en revanche une liste de 5000 signataires répartis sur le territoire national pour donner le feu vert, et elle maintient l’ancienne interdiction de tout parti religieux. Ce qui n’a pas empêché les salafistes de créer un « Parti de la lumière » (hezb al-nour), un « Parti de la vertu » (hezb al-fadyla), un parti « de l’authenticité » (hezb al-assala). A quand le parti de la piété, celui de la pureté, ou celui de la chasteté ?…
Mais ce qui est intéressant dans la démocratie, même quand elle balbutie, c’est la part d’imprévisible qu’elle recèle. Les commentateurs obnubilés par le spectre des Frères musulmans ont généralement oublié de mentionner l’explosion que cette organisation, qui se nourrissait contradictoirement de la répression et de la semi-clandestinité, subit aujourd’hui. Traversée de multiples débats, mise sous pression par ses jeunes, bousculée par la liberté de ton qui s’est imposée après la révolution du 25 janvier, cette organisation a enfanté quatre ou cinq partis différents et en compétition. Ainsi, à côté de l’officiel parti « de la Liberté et de la Justice » (hezb  al-hurriya wa al-adala) , on trouve le « Courant Égyptien » (al-tayyar al-masry) fondé par des jeunes « frères » et d’autres du 6 avril, le parti « du Nouveau centre » (hezb al-wasat al-gadîd), le parti de la « Réforme et la Renaissance » (hezb al-islah wa al-nahda) et j’en oublie sûrement.
Par ailleurs, d’anciens partis sur lesquels on n’aurait pas parié un kopeck étant donné la sclérose dans laquelle ils avaient sombré sous la dictature, sont investis aujourd’hui par une jeunesse qui n’accepte plus le monopole de la direction par les cinquantenaires (ou pire). Des observateurs attentifs, comme Clément Steuer qui donnait au Cedej en juin dernier une conférence sur ce thème, notent que les femmes de leur côté, dans des partis aussi « plan-plan » qu’el Wasat (le Centre)  revendiquent non seulement des responsabilités internes mais aussi d’être éligibles. Bref, l’Histoire n’est pas écrite d’avance.
L’intérêt pour les partis s’est démultiplié depuis que la jeunesse a compris que pour transformer l’essai du 25 janvier, il fallait s’organiser, aller à la rencontre d’une population (qui n’a aucune éducation politique voire qui est en grande partie illettrée) , convaincre, rassembler. Le défi est énorme d’abord parce que le temps est compté : les élections législatives organisées, par gouvernorat, commenceront au Caire le 28 novembre. Il est aussi de plus en plus évident que la contre-révolution se met en ordre de bataille pour gagner ces élections. Les fululs comme on les appelle ici (littéralement « ceux qui traînent », les vestiges de l’ancien régime) créent leurs organisations pour rafler un maximum de voix. Ils auront l’appui de leurs hommes de main, ces fameux baltagueya, qui n’ont jamais vraiment chômé depuis la révolution et ils disposeront sans doute d’appuis financiers, intérieurs comme extérieurs. Il suffit de faire le compte des puissances qui n’ont aucun intérêt à ce que le peuple égyptien prenne la parole.
L’exemple tunisien montre bien que la victoire électorale d’un parti comme celui de la Renaissance ne résume pas la situation : les femmes qui manifestaient massivement dans les rues de Tunis récemment l’ont montré. La recherche d’identité de ces démocraties naissantes est beaucoup moins monolithique que ce que l’on voudrait croire.
La démocratie est imprévisible, mais elle est aussi contagieuse. La dernière blague égyptienne circule sur les réseaux sociaux sous forme d’un dessin :

Les moutons et brebis qui se préparent à « fêter » la fête du sacrifice, revendiquent sur le même air que « À bas, à bas le régime » des manifestations de janvier-février, ou que « À bas, à bas el-mouchîr (Tantawi) !  » de ces derniers mois : « À bas, à bas la boucherie ! « . Et oui, les moutons pourraient aussi se mettre à faire un bras d’honneur au triple A…, pardon, j’extrapole.


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MessagePosté le: Dim 6 Nov - 11:36 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

Okay  !

http://egyptesolidarite.wordpress.com/2011/11/05/alaa-abdel-fattah-blogueur…


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sabaqueen



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MessagePosté le: Mar 22 Nov - 01:59 (2011)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire Répondre en citant

On pense à vous nos Cairotes, on espère que tout va bien pour vous. Vous devez sûrement être dans l'impossibilité de vous connecter comme la fois précédente. Bise à vous.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:39 (2017)    Sujet du message: Les événements en Egypte...au Caire

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